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25/01/2021

CON-PLOTS

J'en ai un peu marre de me faire opposer à tout bout de champ le "bouclier complotiste" chaque fois que mon interlocuteur est gêné, qu'il ne veut pas discuter, qu'il est à court d'argument. Alors, j'ai envie de m'essayer vraiment au complotisme "first quality".

Partons du pouvoir, du pouvoir avec un grand P. En systémique, le nœud gordien se situe au niveau de la variété des agents à diriger. La variété représente le nombre d'états différents que l'agent peut prendre. Si vous avez à piloter une vanne simple, la variété sera de 2 (ouverte, fermée). Si  vous avez à commander une société dans laquelle tous les individus pensent pareil (par exemple une abbaye cistercienne), vous jouez sur du velours puisque vous connaissez tous les comportements potentiels et donc il vous sera facile de les anticiper donc de les maitriser. A l'inverse plus il existe de dispersion (plus la variété est forte et différente chez les acteurs) plus la gouvernance s'avère compliquée voire impossible. Jusqu'à l'ingouvernable chaos! En matière d'action sociale, nous nous attaquons à des agents ayant, potentiellement, une très forte variété et les dirigeants s'inquiètent donc de la gouvernementalité* (Michel Foucault) du système, c'est-à-dire que le cumul des variétés individuelles reste compatible avec les capacités de l'organe régulateur (le gouvernement le cas échéant). 

Le jeu des dirigeants consiste donc à commencer par modeler les agents afin qu'ils pensent à peu près tous la même chose, ou varient peu par rapport à la norme (basse variété). Ceci va se faire via les AIE, Appareils Idéologiques d'État (Althusser) soit l'école, le parti, l'armée, la religion et les médias officiels  (imaginez la Corée du Nord) qui diffuseront une culture normalisée (mainstream). En tentant, parallèlement, de minimiser les parasites pouvant générer des déviances (formations différentes via une religion alternative, soit des organes diffusant une contre-culture, partis d'opposition, syndicats,…). Au delà de ce conditionnement (Chomsky) plus ou moins réussi, le pouvoir dispose de "réducteurs le libertés" (réducteur de variété) : le droit, la police, qui vont canaliser les actions dans des chemins normaux en pénalisant (excluant) les chemins déviants.

Jusque là rien de complotiste mais simplement un cours de systémique.

Dans une France (Monde) complètement déboussolée, dans lequel les appareils idéologiques et les régulateurs intermédiaires ne jouent plus leur rôle de standardisation des opinions, dans laquelle le brassage ethnique (donc culturel) devient important, la gouvernementalité* s'avère (très) problématique. Les gilets jaunes, les grèves, les déviances civiques, les attentats,… mettent à mal la gouvernance.

La tentation devient alors grande 1- de cantonner les agents dans des "lieux d'isolement" (confinement), d'empêcher l'instruction potentiellement déviante de se faire (fermeture des écoles et des universités), d'éviter les lieux de brassage d'opinions (fermeture cafés, églises, fêtes, manifestations sportives…) 2- d'édicter des règlements de contrôle (couvre-feu, limitation des déplacement, contrôle aux frontières,…), de réduire la voix des opposants à bas bruit,… La dialectique se situe entre l'autorité (légitime) et la coercition systémique (contestable).

Mais tout ce qui vient d'être décliné relève d'un régime politique fascisant dont on peut rêver mais qu'il serait prématuré de convoquer dans des pays se réclamant de démocratie (encore que…). Il faut donc trouver des subterfuges.cahot.jpeg

Premier subterfuge: l'argent. La liberté (dont vous savez maintenant qu'elle est synonyme de variété) se mesure à l'aune du revenu dont on dispose. Si votre compte en banque s'élève à plusieurs millions, voire milliards (j'en vois qui toussent!), vous êtes libres de voyager, de fréquenter les meilleurs restaurants sur les îles exotiques,… Donc de faire ce qui vous chante en échappant aux interdits officiels. La gouvernance doit donc priver au maximum les gens de revenus: supprimer les recettes des petits commerçants, des travailleurs précaires, de tous ceux qui ne relèvent pas de l'État (donc d'elle). Tout en agitant l'épouvantail d'une dette mortifère pour l'avenir… Avec un espoir, celui de supprimer l'argent liquide au profit de l'argent électronique pouvant à tout instant être contrôlé, bloqué, orienté,… et donc utilisé comme incitateur, révélateur ou dissuadeur de telle ou telle action.

Cette dérive digitale, passe certes par la monnaie, mais aussi par la lecture (e.books), l'enseignement (cours distanciels, plateformes éducatives, MOOC), les démarches administratives (dématérialisation), la correspondance (e.mail), la gestion des entreprises, la numérisation domestique (domotique)… ce qui tend à tracer l'activité des personnes et à les rendre fragiles au contrôle panoptique (Bentham).

Second subterfuge la santé. Quoi de plus précieux que la santé? Quoi de plus effrayant que la mort? Les "pilotes sans leviers" vont user (voire abuser) de cette arme mentale au travers de maladies, de pandémies, à grands renforts de statistiques anxiogènes et répétitives. Ils proposent de créer un passeport sanitaire déjà bien entamé par les différents fichages médicaux qui rendent le (supposé patient) catalogué au plus précis de ses qualités, défauts, maladies, tares,… Avec plus ou moins de franchise! On se rappelle des vaccinations stérilisantes administrées aux femmes indiennes (ou chinoises) sous couvert de préventions médicales.

Troisième subterfuge: la mobilité. Cette mobilité est consubstantielle à la liberté: si je suis contraint ici, je vais ailleurs, je fuis les prisons vers les havres de latitudes (sans jeu de mots!). Alors le pouvoir va limiter les déplacements. A l'intérieur, en confinant dans des zones plus ou moins larges, en exigeant des "laissez-passer" dument renseignés. A l'extérieur en rendant le changement de pays compliqué, voire dissuasif.

Quatrième subterfuge: le durcissement progressif de l'équation droit/répression. Le maniement de ces deux leviers de l'éradication de la déviance va dans le sens d'une "dédémocratisation" des lois et règlements pour évoluer vers un fonctionnement centralisé et une police de plus en plus interventionniste. Cette évolution se faisant de façon de plus en plus hard comme s'il existait un effet de cliquet dans l'escalade autoritaire….

Voilà un exercice que l'on peut qualifier aisément de complotiste !

Derrière chaque phrase vous imaginiez j'en suis sûr, la macronie castexisée confrontée à sa perte de gouvernementalité et le Covid, peut être le trumpisme avec le même virus.

On aurait pu aller plus loin en disant que ce montage a été initié par un "oubli" volontaire du virus à Wuhan. On pourrait affirmer que la lutte acharnée contre Raoult provient du fait qu'il préconisait un médicament alors que les dirigeants voulaient un vaccin qui génère des revenus renouvelés périodiquement donc permanents. Qu'il s'avérait déviant par rapport au discours officiel…. On pourrait broder sur la modification génétique apportée par le  Tozinaméran (DCI), nom de code BNT162b2, communément appelé le vaccin Pfizer–BioNTech, qui introduirait dans l'organisme un "système d'exploitation" qui nécessiterait une mise à jour (payante) à l'instar de Windows, ou IOS,… ou un abonnement temporalisé comme Word, ou pratiquement toutes les applications informatiques professionnelles. Avec un anti virus permanent cher…. 

Avec, ou bout du bout, des peuples assommés et ainsi assagis, maintenant capable d'observer une "social pax" permettant aux mêmes gouvernants de remettre les fers de l'exploitation des masses au pied des travailleurs, largement dépouillés, entre temps, d'un droit du travail solide au profit (sans jeu de mot) d'un droit soft "uberisé".

Alors vous pouvez rejeter tout cela d'un revers de main en méprisant le complotisme qui peut s'y trouver. Où bien trouver qu'il peut exister des propositions discutables (au sens de pouvant être débattues) dont l'expression est aujourd'hui permise par le biais des réseaux sociaux qui transgressent l'information "calibrée". Car le discours officiel, voire le discours scientifique**, hier maîtres de l'expression de la "vérité" révélée, ne fait plus référence et des angles de vue différents ou alternatifs se proposent à l'opinion. Lordon nomme cela "les paroles institutionnelles en ruines" sachant que ses ruines proviennent d'une autodestruction.

Un conseil: s'informer s'avère un travail sérieux et chronophage, mais c'est à ce prix que vous vous ferez une opinion fiable, argumentée et défendable. Étayez votre opinion à partir de points de vue différents, confrontez-la à plusieurs sources, variez les médias…. Tentez de sortir de votre bulle de filtres. C'est à ce prix que vous pourrez vous sentir à l'aise dans vos appréciations de la dynamique du monde . Comme le dit Julien Lecomte (Philosophie, Médias, et Société) il faut faire attention à éviter que le vocabulaire « théorie du complot » (comme le terme « fake news ») serve juste à discréditer les propos dissidents ! Il convient de faire la part des choses entre les critiques légitimes et la rhétorique fallacieuse.

* la capacité d’obtenir des résultats conformes à sa volonté, se confond avec la capacité de donner des ordres et de les voir exécutés conformément.
** l'un et l'autre ayant perdu la confiance de la population en voulant trop la manipuler, ou carrément lui mentir ne serait-ce par omission (occultation sélectives) .

Commentaires

Comme souvent un article clair , pédagogique , pondéré .
Un plaisir de lecture que j'ai plaisir à partager avec le maximum de co-lecteurs.

Écrit par : Rabasse | 26/01/2021

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