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01/12/2011

POUR NE PAS ENTAMER L'ESSENTIEL

La semaine passée se tenait à Paris le Congrès des Maires de France. Gageons qu’au delà du manège des signatures pour l’élection présidentielle, la crise s’est invitée à la manifestation. Et pour une fois, la crise peut avoir du bon. Sans doute peut-elle amener nos édiles à mieux rationnaliser le fonctionnement de l’empilage des collectivités locales. Ne serait-ce que pour maîtriser la fiscalité qui en découle.Il y a une dizaine d’années on nous a vendu l’intercommunalité comme un gage de logique économique. Promis, juré, on allait éviter la duplication des services, des postes, des hommes et des équipements. On allait enfin pouvoir faire des investissements au bon niveau de rentabilité tant financière que spatiale.

Résultats concrets : non seulement il n’y a pas eu rationnalisation mais on a créé partout des doublons via les districts ou les agglomérations, en rajoutant une couche supplémentaire couteuse de (top)management. En rajoutant aussi une armée mexicaine dispendieuse de vice présidents bien indemnisés, ce qui permet d’anesthésier la combattivité voire la lucidité des « petits maires ». Et comme ces dépenses s'inscivent au fonctionnement qui doit être voté en équilibre (sans empunt) seuls les impôts locaux permettent la chose. Reportez-vous à votre avis fiscal et scrutez bien les colonnes!

Voyez les SCOT (Schémas de Cohérence Territoriale) qui ressemblent plus à des lettres au Père Noël qu’à un aménagement raisonné de l’espace habité. Piscines, médiathèques, plateaux de loisirs,… fleurissent au gré des enjeux politiciens spatialisés.

Les dépenses des administrations territoriales ont cru de l’ordre de 3% par an depuis une quinzaine d’années. Comme la croissance globale se traine à beaucoup moins, le recours à la fiscalité est implacable. Ou à l’emprunt avec les péripéties récentes de DEXIA et des emprunts toxiques qui ne nous rassurent pas.

Certes on peut nous rétorquer le désengagement de l’État central qui transfère massivement les missions sans toujours les finances afférentes. Mais il faut se rendre à l’évidence, nous entrons dans une période d’austérité que nous impose l’Europe, à tort ou à raison. Il faut donc raboter les dépenses superfétatoires afin de ne pas amputer celles qui sont indispensables. Chassons donc les « cathédrales d’égos » même si les architectes râlent ! Une école c’est avant tout des classes fonctionnelles. Des archives c’est avant tout un endroit sûr où mettre les documents. Une salle de sports c’est avant tout un espace aménagé pour exercer lesdits sports. Réduisons les campagnes publicitaires qui n’ont aucune valeur ajoutée collective sinon l’autosatisfaction des élus. Rognons sur les parcs automobiles, sur les missions, sur les subventions à des clubs sportifs professionnels… Evaluons précisément les coûts de fonctionnement avant de créer des équipements.

Tout cela découle de choix politiques courageux, clairs et argumentés, en lieu et place d’une manipulation du marché politique. L’effort de performance financière demandé exige une gestion innovante des finances publiques. Je dis bien innovante c’est à dire qui sortirait du mimétisme compétitif entre communes au sein des agglomérations.

L’insertion des villages dans une grande agglo fait souvent perdre la connaissance des réalités locales. A la fois par les transferts de compétences qui standardisent la façon de gérer certains services ou prestations. Mais aussi par la dissolution du maire dans le « confort » intercommunal. Or, l’exclusion, les problèmes humains, les drames sociaux,… se jouent au plus près du terrain et non dans les salons feutrés des agglomérations « hors sol ». J’appelle ces maires à être d’abord maires avant d’être vice-présidents ou conseiller généraux.

Mon propos n’est pas d’abonder dans le poujadisme anti élu ni de faire l’éloge d’une crise qui stigmatise l’échec d ‘un système. Mon propos tente de sauver la dimension inclusive des collectivités, c’est-à-dire la fonction essentielle de  maintien du lien social en excluant le moins de citoyens possibles. Car c’est là la priorité : moins de béton et plus d’humanité, moins de charges pour ceux que la logique implacable des marchés financiers laisse au bord du chemin.

Des maires utiles avant d’être des maires politiques en quelque sorte !!

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