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25/10/2020

DESSINE-MOI…..

Dans le chaos communicationnel actuel je vis le dilemme du glossateur, de celui qui tente de donner une analyse objective de l'actualité. Face à l'immensité des données, confronté à la pluralité des idéologies "fabricantes", écœuré de statistiques improbables, ledit glossateur se trouve, en plus,  enfermé dans un registre informationnel valorisant (exigeant?) la "bien pensance". Le néo libéralisme a bien insisté sur le fait qu'il n'existait qu'une seule réponse possible. Si on s'en écarte, on s'expose à une mise à l'index sous toutes les formes qui existent (juridique, médiatique, scientifique,…), à tort ou à raison. Il faut donc se confiner entre les murs du discours majoritaire et la peur de l'irrespect promis à tout déviant. Masque de visage, masque de pensée, masque d'expression,….
Alors je vais vous livrer un conte, c'est de saison, Noël (confiné!) approchant…
 
Hier soir ma zapette s'est échouée dans le désert des chaines d'info continue. Alors que je m'apprêtais à changer les piles de l'engin, un drôle de personnage m'a interpellé. Il m'a demandé "Réboussié, dessine-moi la démocratie". Alors, je me suis lancé dans des schémas de bicamérisme, de séparation des pouvoirs, de vote majoritaire… Chaque fois mon interlocuteur me rabrouait vertement (peut être venait-il d'une planète écologique). Trop compliqué, trop théorique, trop…. Excédé je lui gribouillais alors un tas, un tas supposé représenter des bulletins de vote. " Voilà, s'exclama-t-il ravi, j'ai saisi! La démocratie consiste à réaliser un amalgame afin d'obtenir le pouvoir!". Je trouvais la réflexion un peu courte.
Mais il se défendit comme un Raoult prêchant pour la chloroquine "Je vais te montrer que j'ai raison!".
G.D. (c'était floqué sur son tee shirt) me dit "Tu vois, ton dessin c'est la démarche du Jupiter actuel: il a fait un amas de voix de toutes tendances, de tous partis, de toutes religions, de toutes origines… Reconnais le caractère hétérogène et même hétéroclite de son attelage. Des socialos détournés, des droitistes, beaucoup de centristes, quelques communistes,… en une chichoumée, attirés par l'œil du pouvoir, telle un tornade politicienne." Je me rendis à son avis qui, somme toutes, n'était point dénué de sens. Gaillardi par cette approbation muette, il persévéra dans la démonstration. "Sauf qu'aujourd'hui le Jupiter en question a péché par orgueil en éliminant l'allumeur de réverbères qui le servait mais en lui faisant trop d'ombre. A la place de ce coursier léger au poil blanc (sans doute un Camargue) il a pris un percheron. Ce pesant équidé ne plait pas aux élites qui le trouvent trop lourd, ni aux territoriaux qui le vivent trop caricatural.
Ce laboureur sentant sa fin prochaine déconfina, reconfina, nuitifina,.. révélant ses inconsistances quant aux résultats, s'attirant l'ire des marchands de pastis, de canard aux olives et de westerns. Il entraina dans sa débâcle l'ensemble de ceux qui ont participé à ces quelques mois de folie délétère. Alors, je te le dis, Réboussié, la place s'avère prenable!".
Estomaqué par cette chute je lui demandais s'il envisageait de se présenter à la place de Jupiter. "Exactement!". Mais, m'enquis-je, as-tu pour ce faire une philosophie pour le fun et une stratégie pour le pragmatisme?". Bien évidemment, tu me prends pour un Juppé du pauvre? Écoute bien…" Et il me livra les deux ingrédients, que je vous transcrits.Darma.jpg
"Commençons par la stratégie car rien ne sert d'avoir du sens si on n'a pas d'arme comme disait feu Georges Frêche. J'envisage de me calquer sur une méthode qui a fait ses preuves: la trahison! Emmanuel a trahi François, furtivement et sans douleur. Pour cela il me fallait un poste d'importance pour procéder à l'érosion progressive, en douceur, je dirais quasi langoureusement. J'ai donc insisté pour accéder au portefeuille de l'intérieur que guignait un pédagogue chauve. Chose faite, je peux passer au niveau supérieur. J'ai choisi René Girard en mentor théorique de ma démarche. Comme je le disais tantôt, il faut créer une tornade au pire, un remous au mieux, afin de générer un œil de cyclone que René nomme la victime émissaire. L'agitation, la pandémie s'en occupent, aidée par la crise économique, financière et le harcèlement des dames. Qu'ai-je choisi comme victime émissaire? Je te le donne en mille. Celle qui a marché depuis des siècles et des siècles, à savoir la religion. Tour à tour les chrétiens, les protestants, les juifs, les bouddhistes,… ont été mis au centre du remous. Même les amishs ont été mis à l'index! Pour ma part, l'islam fera l'affaire car le terrain est bien préparé par les divers attentats qui frappent l'opinion toutes tendances confondues. Alors de mon poste je vais taper fort, très fort sur cette victime émissaire. Si fort que Jupiter clientéliste ne pourra pas me suivre. Alors je démissionnerai brandissant l'impossible lutte contre le Mal radical sous le joug mollasson des marcheurs.
Dans mon épuisette je récolterai ainsi les droitistes (je viens de là!) et même ces derniers marcheurs excédés des atermoiements jupitériens, les centristes qui se vendent au plus offrant, les lepénistes lassés de leur championne looser, les autres qui n'ont plus vraiment de chapelles et les musulmans modérés qui en ont marre de se faire amalgamer à leur détriment. Un joli amas qui devrait faire majorité face aux verts victimes de leurs vieux démons fractionnaires, aux irréductibles gauchistes réduits comme peau de chagrin par la tentation abstentionniste, et les derniers adorateurs de la fille de Jean Marie le Borgne…  Et, pour tout avouer avec l'espoir que le vieux relent de racisme du quidam français me soit favorable. Bingo!"
Belle démonstration concédai-je. Mais, le charisme? Il me toisa légèrement méprisant "Je suis un peu plus grand que Sarko, un peu moins gras qu'Hollande, un peu moins menteur que Chirac,… et je pourrais continuer. Je m'exprime clairement et le marathon que je viens d'accomplir sur BFM-TV face à quatre ou cinq intervieweurs atteste de ma facilité discursive. Je suis à moitié maghrébin par ma mère et me prénomme Gérald quand je veux et Malik dans d'autres occasions, je peux arguer d'un ancêtre tirailleur algérien et je n'ai fait qu'un I.E.P., ce qui s'avère un plus dans un monde envahi d'énarques honnis. Côté cultuel je suis catholique maurassien sans trop m'en vanter. Je possède aussi un certain art pour user de mots qui frappent comme ensauvagement. Pas mal non?". J'ai osé rappeler à l'ambitieux un petit accro vis à vis de la gent féminine. " C'est du passé, et même du passé blanchi! Je viens en toute hâte d'épouser une compagne clean, pour clore le thème". Je m'aperçus que je l'avais fâché.
Mon petit prince à moi s'éloigna donc dans le désert des chaines d'I.C. en regardant d'un œil intéressé des dunes d'informations, entassement de grains de vérité ou de fakes news. D'origine diverses et variées. Et qui coulent dans la main comme de l'eau bénite…
 
MISE EN GARDE. Comme tous les  contes il s'agit d'une fiction.Toute ressemblance avec la réalité està imputer à cette dernière comme le dit justement Jorge Volpi (La Fin de la folie). Et, parfois, le conte devient le canevas de l'histoire réelle.

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