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09/04/2012

ODIEUSETÉ ÉLECTORALE

Ceux qui suivent régulièrement mes notes (j’en profite pour les remercier !) ont déjà rencontré Gus, le pilier de rugby, mon ami de mêlée, qui me pose toujours des questions brutalement pertinentes. Je l’ai rencontré récemment…Pilar.jpg

-       Salut l’intello ! Ça va ?

-       Bof couci couça !

-       C’est la campagne qui te déprime ? Les errements du XV de France ? Les attentats ??

-       Un peu tout !

-       Tiens, j’en profite pour te demander quicon (quelque chose en occitan). Comme je m’apprête à voter Mélenchon, y a un truc qui m’échappe…

-       Un seul, tu es sûr ?

-        Sois pas caustique comme dirait la soude ! Non, ce qui m’interroge, comme ils disent dans le poste, c’est qu’il évoque la possibilité de ne pas rembourser une partie de la dette française. « Il faudra regarder » dit-il. C’est pas un peu de l’escroquerie ça ? Comme si moi je ne remboursais pas mon banquier pour l’emprunt de ma piole !

-       Bonne question ! Tu as la franchise de la poser car il faut parler de quelque chose que tout le monde occulte, à savoir : de la dette odieuse.

-        Qué za co ??

-       Il s’agit d’un concept inventé il y a longtemps*, peut être au Mexique du temps de Maximilien C’était un monarque dispendieux qui craquait tout le fric de ses sujets en fariboles. Le peuple qui s’est trouvé ainsi endetté jusqu’au coup contre son gré et sans retour, l’a collé contre un mur et passé par les armes. Et, aussi sec, il a déclaré la dette de Maximilien odieuse et ne l’a pas remboursée.

-       Ah bon ! Mais c’est un vieux truc !

-       Sauf qu’entre temps la Russie, les USA (pour Cuba et l’Irak), l’Argentine, l’Équateur,… entre autres, l’ont pratiquée avec succès.

-       Qui étaient les préteurs ?

-       Dans les deux derniers cas c’était le FMI qui, par ailleurs, avait quasiment conduit ces pays à la faillite. C’est donc une dette odieuse qui a été effacée.

-       Si c’est le FMI, c’est pas grave ! Il s’agit du fric que DSK flambait dans les parties fines !

-       Ne nous égarons pas, Gus ! Plus près de nous, prenons le Grèce. La troïka (BCE, FMI, Commission Européenne) est en train de saigner à blanc pour une dette d’origine peu reluisante*. Certains évoquent qu’une partie de cette dette est odieuse et donc… à effacer !

-       Yes, sir ! J’ai pigé ! C’est comme si je flambais un max à la Jonquera et que Maman doive rembourser pour mes frasques !

-       Un peu mon neveu ! D’où le qualificatif d’odieuse. C’est ce que Mélenchon évoque en estimant qu’une partie des dettes souveraines (des États) européennes est indue car créée de toute pièce par le remboursement d’intérêts uniquement générés par le transfert des emprunts aux banques privées (je t’en ai déjà touché un mot)

-       C’est donc vrai que l’on pourrait faire un bras d’honneurs aux banquiers ?

-       C’est pas faux, comme on dit maintenant ! C’est à dire que c’est un peu plus compliqué qu’on pourrait le croire. Il y a des conditions d’abord. Ainsi la jurisprudence Olmos dit qu’il appartient au prêteur de démontrer sa bonne foi et l’intention légitime du contrat. Il faut donc faire un audit pour établir ce point. Ensuite il faut qu’une sorte de tribunal international se prononce pour valider (ou non) la demande d’effacement…

-       Et si tout marche, qui paie en fin de compte ??

-       Là encore c’est sioux ! Les prêteurs perdants sont couverts par des assurances (les CDS), les assureurs sont couverts par des montages financiers complexes…., au bout du bout ça se perd dans l’énorme brassage de la finance internationale.

-       Bon, j’ai la tête qui chauffe un peu ! J’aurai appris quelque chose aujourd’hui. Par contre n’en parle pas à Maman car j’ai quelques trucs qui trainent çà et là. Faudrait pas qu’elle me fasse le coup de l’odieuseté !

-       Promis ! Alors tu votes Merluche ?

-       Ouais ! C’est un mec gonflé qui me parle ! J’en ai marre des discours pour rupins qui se la pètent. Des propos qui n’effarouchent pas, qui brossent dans le sens du poil. Moi je suis un ouvrier même si le rugby m’a fait petit fonctionnaire territorial. Mon père était viticulteur et il espoudassait quand il gelait à pierre fendre. Mes gamins je les ai tenus à l’école et ils galèrent d’un CDD à l’autre ! Alors, si je ne fais pas toute la chaine d’explication entre eux et les 16 briques d’euros que s’engouffre Levy de Publicis, j’en ai marre. Super marre ! Tu me connais, je suis paisible… (je me souvenais de quelques séances de « mandales » homériques qui ne venaient pas en témoignage !) … alors, la révolution civique du Mélenchon, j’adhère ! Je suis plus rouge que rose, et jamais je n’aurais foutu le maillot du Stade Français, moi, mossieur ! Le bulletin c’est pareil ! Bon, allez, il faut que j’y aille, Maman m’attend ! Porte-toi bien et secoue-toi un peu ! M…. c’est le printemps !! Tchao et merci l’intello !

* C’est la dette qui est contractée par un gouvernement (dictature, démocratie,…) pour financer des actions contre l’intérêt de son peuple. Les créanciers savent cela et prêtent quand même. D’après la jurisprudence internationale, une telle dette ne peut pas être exigible et les créanciers complices perdent leur argent. Pour de plus amples informations voir le site http://www.detteodieuse.org/la-dette-odieuse-cest-quoi.php  qui, de plus, fournit une brochure gratuite très intéressante .

 

Commentaires

Gus est un sage , digne d' appartenir à un "Mandala ".
Ses paroles , pleines de bon sens ( malheureusement non partagé par un grand nombre ) indiquent la voie ( qui n'est pas cassée).Or comme chacun sait " le But est dans le chemin "

Deu vos guard

Écrit par : JMALADIV | 10/04/2012

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